samedi 6 décembre 2008

Sur la possibilité de prolonger sa vie

Nichiren Daïshonin écrivit cette lettre en 1279 à Myôjô, la femme de Toki Jônin, magistrat du tribunal militaire.


Il existe deux sortes de maladies : bénignes et graves. Si l'on est soigné à temps par un bon médecin, on peut guérir de maladies graves ; à plus forte raison de maladies bénignes. On peut dire aussi qu'il existe deux sortes de karma : le karma superficiel et le karma immuable. Par un repentir sincère, on peut même éliminer le karma immuable ; à plus forte raison, le karma superficiel. Le septième volume du Sûtra du Lotus affirme : "Ce Sûtra est un excellent médicament pour tous les maux de l'humanité." (Chap 23). On trouve ces mots dans aucun autre sûtra. Tous les enseignements du Bouddha sont des paroles d'or pleines de vérité : depuis d'innombrables éons, elles n'ont jamais contenu la moindre erreur. Le Sûtra du Lotus est la vérité parmi toutes les vérités enseignées par le Bouddha, car ce dernier y déclare désormais rejeter sincèrement les enseignements provisoires. (Sûtra du Lotus, Chap 2). Le bouddha Tahô (Maint Trésor) confirma la véracité du Sûtra du Lotus et tous les autres bouddhas tirèrent leur langue en témoignage. Comment, alors, ce Sûtra pourrait-il être faux ? En outre, il contient le plus grand des secrets. Beaucoup de femmes souffrent de maladies, et à présent, dans la cinquième période de cinq cents ans, soit un peu plus de deux mille cinq cents ans aprè la mort du Bouddha, le Sûtra du Lotus constitue "un excellent médicament" pour elles aussi.
Le corps du roi Ajatashatru se couvrit d'énormes plaies lépreuses le quinzième jour du deuxième mois de sa cinquantième année. Et tout le savoir-faire de Jivaka, son médecin renommé, ne suffit pas à le guérir. Son destin était de mourir le septième jour du troisième mois dans l'enfer sans intervalle. Tous les plaisirs qu'il avait connu pendant cinquante ans disparurent brusquement, et les souffrances de toute sa vie l'assaillirent en seulement trois semaines. Sa mort était prédérerminée par son karma immuable. C'est alors que le Bouddha lui enseigna une fois de plus le Sûtra du Lotus, grâce aux enseignements qui devinrent le Sûta du Nirvana. Le roi guérit immédiatement de sa maladie, et les lourdes fautes qui avaient pesé sur son coeur s'évanouirent comme la rosée au soleil.
Plus de mille cinq cents ans après la mort du Bouddha, vivait en Chine un certain Ch'en Ch'en. Il était prédit que cet homme mourrait à l'âge de cinquante ans, mais en suivant les préceptes du grand maître T'ien-t'ai, il put prolonger sa vie de quinze ans, et vécut jusqu'à soixante-cinq ans. Le Bouddha a enseigné que le bodhisattva Fukyô transforma aussi son karma immuable et prolongea sa vie grâce à la pratique du Sûtra du Lotus. Ajatashatru, Ch'en Ch'en et Fukyô étaient des hommes , non des femmes, mais ils prolongèrent leur vie en pratiquant le Sûtra du Lotus. Ch'en Ch'en vécut avant la la cinquième période de cinq cents ans. Par conséquent, le changement de son karma est aussi extraordinaire que si du riz mûrissait en hiver ou si des chrysanthèmes fleurissaient en été. Aujourd'hui, il est aussi naturel pour une femme de changer son karma immuable par la pratique du Sûtra du Lotus que pour le riz de mûrir en automne ou pour les chrysanthèmes de fleurir en hiver.
Lorsque moi, Nichiren, ai prié pour ma mère non seulement elle guérit de sa maladie, mais encore sa vie fut prolongée de quatre ans. A présent , vous aussi êtes tombée malade et, comme vous êtes une femme, le moment est d'autant plus propice pour vous d'essayer de croire au Sûtra du Lotus et d'en constater l'essai sur vous. Vous pouvez en outre aller trouver Shijô Kingo qui n'est pas seulement un excellent médecin mais aussi un pratiquant du Sûtra du Lotus.
La vie est le plus précieux de tous les trésors. Un seul jour de vie en plus vaut davantage que dix millions de ryo d'or. Le Sûtra du Lotus surpasse tous les autres enseignements à cause du chapitre Juryo (Durée de la vie). Le plus grand prince du monde aurait moins d'importance qu'un brin d'herbe s'il mourrait dans son enfance. Même un homme dont la sagesse brillerait comme le soleil vaudrait moins qu'un chien en vie, s'il devait mourir dans sa jeunesse. Hâtez-vous d'accumuler le trésor de la foi et remportez vite la victoire sur votre maladie.
Je pourrait parler de vous à Shijô Kingo mais, tandis que certains préfèrent qu'on s'adresse à eux par un intermédiaire, d'autres peuvent penser que cela traduit un manque de sérieux de la part de la personne concernée. Il est très difficile de sonder l'esprit de quelqu'un d'autre. J'ai rencontré cette difficulté en maintes occasions. Shijô Kingo est de ceux qui se sentiraient offensés si la requête venait de tout autre que la personne concernée ; donc s'agissant de lui, il n'est pas souhaitable que j'intercède. Demandez-lui assistance vous-même, de manière franche et sincère, sans intermédiaire. Lorsqu'il vint me voir, le dixième mois de l'année passée, je lui ai dit combien votre maladie me peinait. Il m'a répondu que vous ne vous en préoccupiez sans doute pas outre mesure parce que votre maladie n'était pas encore grave, mais qu'elle deviendrait probablement très sérieuse d'ici le premier ou le deuxième mois de cette année. Ces paroles m'attristèrent profondément. Il me dit également que le seigneur Toki dépendait de vous comme d'un bâton sur lequel s'appuyer ou d'un solide pilier. Il se soiciait beaucoup de vous. C'est un homme qui ne s'avoue jamais vaincu ey qui attache un grand prix à ses amis.
Si vous ne voulez pas prendre réellement soin de vous, il sera très difficile de guérir votre maladie. Un seul jour de vie vaut plus que tous les trésors de l'univers, aussi devez-vous d'abord faire preuve d'une foi sincère. Tel est le sens du passage du septième volume du Sûtra du Lotus selon lequel se brûler le petit doigt pour l'offrir au Bouddha et au Sûtra du Lotus a plus de valeur que de faire donde tous les reésors de l'univers (chap 23). Une seule vie a plus de valeur que l'univers. Vous avez encore de nombreuses années devant vous et, de surcroît, vous avez rzncontrez lz Sûta du Lotus. Si vous vivez ne serait-ce qu'un jour de plus, c'est autant de bonne fortune suppléméntaire que vous pourrez accumuler. Que la vie est don précieuse !
Ecrivez-moi votre nom et votre âge de votre propre main et envoyez-les moi rapidement afin que je puisse prier les divinités du soleil et de la lune. Votre fils Jyo-bô est également extrêmement inquiet à votre sujet ; c'est pourquoi nous allons offrir le Jigage (partie versifiée du chapitre Durée de la vie) à ces divinités.
Avec tout mon respect,
Nichiren.

mardi 25 novembre 2008

La difficulté de garder la foi

Nichiren Daïshonin écrivit cette lettre en mars 1275. Elle est adressée à l'un de ses plus fidèles disciples, un samouraï nommé Shijo Kingo.

A propos de la difficulté de garder la foi en ce Sûtra, Nissho m'a rapporté que vous lui aviez dit : "J'ai commencé à pratiquer correctement ce Sûtra il y a un an, quand vous m'avez affirmé que ses adeptes connaîtraient paix et sécurité dans cette vie, et des circonstances favorables dans la prochaine. Mais au lieu de cela, je me retrouve submergé de difficultés." Nissho a-t-il dit vrai ou vous a-t-il mal compris ? Quoi qu'il en soit, je vais profiter de cette occasion pour dissiper vos doutes éventuels.
On peut lire dans le Sûtra du Lotus, "...difficile à croire et difficile à comprendre." (chap 10). Nombreux sont ceux qui entendent parler de ce Sûtra et y adhèrent, mais peu conservent leur foi en face de grands obstacles. Recevoir et facile, mais garder est difficile. Pourtant c'est en persévérant qu'on atteint la boddhéité. Ceux qui adoptent la foi dans ce Sûtra devraient donc être prêts à affronter les difficultés. Il est malgré tout certain qu'ils "obtiendront rapidement l'Eveil suprême." (Sûta du Lotus, chap11). "Garder la foi" signifie chérir Nam Myôhô Rengué Kyô, l'enseignement qui permet à tous les bouddhas du passé, du présent et de l'avenir d'atteindre l'Eveil. Le Sûtra dit aussi : "Nous garderons ce que le Bouddha nous a confié." (Ibid, chap 13). Le Grand Maître T'ien -t'ai déclara : "On adhère grâce au pouvoir de la foi et l'on poursuit grâce au pouvoir de la pratique." (Hokke Mongu, vol. 8). Le Sûtra dit encore : "Il est difficile de garder la foi dans ce Sûtra. C'est pourquoi, lorsqu'une personne y croit, même peu de temps, je me réjouis avec tous les autres bouddhas." (Sûtra du Lotus, chap 11).
Une flamme monte plus haut lorsqu'on y ajoute des bûches, et un vent fort fait enfler les insectes "gura" (insectes imaginaires que l'on disait enfler rapidement par vents forts). Les branches du pin séculaire se courbent et se tordent à mesure qu'il vieillit. Le Pratiquant du Sûtra du Lotus est comme la flamme et l'insecte "gura" tandis que les persécutions qui l'accablent sont comparables aux bûches et au vent. Le Pratiquant du Sûtra du Lotus est le bouddha de la vie éternelle ; que sa pratique rencontre des obstacles n'est pas plus étonnant que de voir les branches du pin séculaire se tordre et se briser. Désormais, vous devriez toujours avoir en mémoire la phrase : "Il est difficile de garder foi en ce Sûtra."
Avec mon profond respect,
Nichiren.

mardi 18 novembre 2008

Le sens de la foi

Nichiren écrivit cette lettre au mont Minobu, en 1280 à l'âge de 59 ans. Elle etait adressée à une croyante nommée Myôichi-ama.

Il n'y a rien d'extraordinaire dans ce que nous appelons la foi. Comme une femme chérit son mari, comme un homme donnerait sa vie pour sa femme, comme des parents n'abandonneraient jamais leurs enfants, ou comme un enfant refuserait de quitter sa mère, nous devrions accorder notre confiance au Sûtra du Lotus, à Shakyamuni, à Taho (Maints Trésors) et à tous les bouddhas et bodhisattvas des Dix Directions, ainsi qu'aux dieux du ciel et aux divinités bienveillantes, et réciter Nam Myôhô Rengué Kyô. Voilà en quoi consiste la foi. De plus, vous devriez méditer sur les passages du Sûtra "En rejetant honnêtement les enseignements provisoires" (Sûtra du Lotus, chap 2) et "Sans accepeter un seul vers d'aucun autre sûtra" (Ibid, chap 3), et ne jamais envisager de les abandonner, de même qu'une femme ne jetterait jamais son miroir ou qu'un homme garde toujours son sabre à son côté.
Respectueusement,
Nichiren.

jeudi 6 novembre 2008

Le véritable aspect du Gohonzon

Nichiren écrivit cette lettre le 23 août 1277, on suppose qu'elle est adressé à Dame Nichinyo.
Gohonzon : voir début du blog.


J'ai bien reçu les cinq mille kan de pièces de monnaie, les sacs de riz et les fruits que vous avez envoyés en offrande au Gohonzon.
Le bouddha Shakyamuni enseigna pendant cinquante ans, mais c'est seulement dans les huits dernières années qu'il révéla cet enseignement. Exposé pendant cette période, le Sûtra du Lotus explique le Gohonzon dans les huit chapitres qui vont du chapitre Yujutsu au chapitre Zokurui. Après la mort du Bouddha, pendant les deux mille ans des époques de la Loi correcte et de la Loi formelle, le terme "objet de vénération de l'enseignement fondamental" ne fut jamais mentionné, et l'objet lui-même pouvait donc d'autant moins être concrétisé. Personne n'avait non plus la capacité de l'inscrire. T'ien-t'ai, Miao-lo et Dengyô le perçurent dans leur coeur mais, pour une raison ou pour une autre, ne le divulguèrent jamais, de même que Yen-houei comprit le vrai sens de l'enseignement de Confucius mais le garda secret. Pourtant, le Sûtra lui-même, aussi bien que les commentaires de T'ien-t'ai et de Miao-lo, établissent clairement que le Gohonzon apparaîtra dans la première période de cinq cents ans de l'époque des derniers jours de la Loi, un peu plus de deux mille ans après la mort du Bouddha.
Actuellement, nous sommes entrés depuis plus de deux cents ans dans l'époque des derniers jours de la Loi. Comme il est prodigieux que Nichiren ait, le premier, inscrit ce grand mandala, levant ainsi l'étendard de la propagation du Sûtra du Lotus, alors même que de grands maîtres comme Nagarjuna, Vasubandhu, T'ien-t'ai et Miao-lo furent incapables de le faire ! Ce mandala n'est en rien une invention de Nichiren. C'est l'objet de vénération qui dépeint parfaitement le vénérable Shakyamuni et tous les autres bouddhas dans la tour aux trésors, aussi fidèlement que l'estampe correspond à la planche à graver.
Les cinq caractères du titre du Sûtra du Lotus sont inscrits au centre de la tour aux trésors, tandis que les quatre Rois du ciel sont assis au quatre coins. Les bouddhas Shakyamuni et Tahô (Maint Trésors), ainsi que les quatre guides des bodhisattvas sortis de la terre, sont en haut sur le même rang. Assis au dessous d'eux, se trouvent les bodhisattvas Fugen et Monju, ainsi que les Auditeurs parmi lesquels Shariputra et Maudgalyayana. A côté d'eux, se tiennent les divinités du soleil et de la lune, le Démon du Sixième Ciel, le roi-dragon et Ashura ; Fudô et Aizen sont respectivement postés au sud et au nord. Le traître et cruel Devadatta et la fille ignorante du roi-gragon sont également présents. L'ogresse Kishimojin apparaît avec ses dix filles qui sapent la vie des êtres dans tout l'univers. Sont également présentes les divinités tutélaires du Japon : Tenshô Daijin et le bodhisattva Hachiman représentant les sept catégories de divinités célestes, les cinq catégories de divinités terrestres et toutes les divinités majeures et mineures en général. Puisque s'y trouvent toutes les divinités dans leur essence, elles doivent apparaître aussi dans leur manifestations. Il est dit dans le chapitre Hotô : "Toute l'assemblée s'éléva et se retrouva dans les airs." Tous les bouddhas, bodhisattvas et grands sages, ainsi que les huit catégories d'êtres sensibles des deux mondes cités dans le premier chapitre du Sûtra du Lotus, tous sans exception résident dans ce Gohonzon. Illulinés par les cinq caractères de le Loi merveilleuse, ils révèlent la nature de bouddha qu'ils possèdent de manière inhérente. C'est là l'objet fondamental de vénération.
Le Sûtra définit ce principe par la phrase : "Tous les phénomènes révèlent la véritable entité." (Sûtra du Lotus, chap 2). Miao-lo déclare : "L'entité réelle est immanquablement présente dans tous le phénomènes ; dans tous les phénomènes sont immanquablement en jeu les dix modalités d'expression de la vie. Ces dix modalités opèrent immanquablement dans les dix états et les dix états caractérisent immanquablement à la fois la vie et son environnement." T'ien-t'ai déclare : "Le principe profond de l'"entité réelle" est la Loi originelle de Myôhô Rengué Kyô." Le grand maître Dengyo écrivit : "L'entité d'ichinen sanzen est le bouddha qui a obtenu l'Eveil par lui même et ce bouddha n'est doté d'aucun attribut extraordinaire." Par conséquent, ce Gohonzon est le mandala suprême sans précédent, car pendant plus de deux mille deux cent vingt ans après la mort du Bouddha, il ne fut jamais révélé.
Une femme qui se consacre au Gohonzon attire le bonheur en cette vie. Et dans sa vie prochaine, le Gohonzon sera avec elle et la protégera toujours. Comme une lanterne dans l'obscurité, comme un bras solide sur un chemin accidenté, le Gohonzon vous protégera, Dame Nichinyo, où que vous alliez. Par conséquent, gardez vous de ceux qui calomnient la Loi comme vous éviteriez de recevoir une courtisane dans votre maison. Tel est le sens de "quitter les mauvais amis et rechercher les bons."
Ne cherchez jamais ce Gohonzon en dehors de vous-même. Il n'existe que dans notre chair, en nous, êtres ordinaires, qui gardons le Sûtra du Lotus et récitons Nam My^hô Rengué Kyô. Le corps est le palais de la neuvième conscience, réalité inchangeable qui régit toutes les fonctions de la vie. Etre "doté des dix états" signifie que tous les dix états, sans exception, sont contenus dans le seul état de bouddha. Voilà pourquoi on appelle le Gohonzon mandala. Mandala est un mot sanscrit qui signifie "possessio parfaite" ou "monceau de bienfaits". Le Gohonzon n'existe que dans la seule foi. Comme il est dit dans le Sûtra : "C'est seulement par la foi que l'on peut accéder à la boddhéité." (Sûtra du Lotus, chap 3)
Puisque les disciples de Nichiren, moines comme laïcs, croient en la suprématie du Sûtra du Lotus qui dit : "...en rejetant honnêtement les enseignements provisoires" (Ibid, chap 2), et : "N'acceptez jamais même une seule phrase des autres sûtras" (Ibid, chap 3), ils peuvent pénétrer dans la tour aux trésors du Gohonzon. Comme c'est rassurant ! Faites tous les efforts possible pour votre vie future. Le plus important, c'est de réciter Nam Myôhô Rengué Kyô et d'atteindre la boddhéité. Tout dépend de votre foi. Avoir la foi, c'est la base du bouddhisme. C'est pourquoi il est dit dans le quatrième volume du Maka Shikan : "Le bouddhisme est un vaste océan mais seuls ceux qui ont la foi peuvent y accéder." Dans le quatrième volume du Guketsu, Miao-lo interprète ce passage ainsi : "Même Confucius enseigne que la foi vient en premier. Ceci s'applique encore plus aux principes profonds du bouddhisme ! Sans la foi, comment pourrait-on les approcher ? C'est pourquoi le sûta Kegon définit la foi comme la base de la pratique et la mère des bienfaits." On lit encore, dans le premier volume du Maka Shikan : "Comment peut-on écouter l'enseignement parfait, y croire, le pratiquer et atteindre l'Eveil parfait ," Le premier volume du Guketsu donne l'explication suivante : "Croire en l'enseignement parfait signifie éveiller sa foi par la doctrine et faire de la foi la base de la pratique." Un classique chinois relate l'histoire de l'empereur des Han qui crut si aveuglément le rapport de son aide de camp qu'il trouva rééllement la rivière gelée. Un autre récit relate comment Li-kouang, désireux de venger son père, perça d'une flèche un rocher enfoui dans l'herbe. Les commentaires de T'ient'ai et de Miao-lo indiquent très clairement que la foi est la base de toute chose. Parce que l'empereur des Han ne douta pas un seul instant du rapport de son subordonné, la rivière gela. Et Li-kouang parvint à percer un rocher de sa flèche tant il était persuadé qu'il s'agissait là du tigre qui avait tué son père. La foi bouddhique est encore plus puissante.
Ceux qui croient au Sûtra du Lotus et récitent Nam Myôhô Rengué Kyô accomplissent les cinq sortes de pratiques qui furent personnellement transmises au Grand Maître Dengyô par le moine Tao-souei lorsqu'il se rendit en Chine. C'est l'enseignement primordial pour les disciples de Nichiren et les croyants. Telle est la pratique décrite dans le chapitre Jinriki.
Je vous donnerai de plus amples détails une prochaine fois.
Avec mon plus profond respect,
Nichiren.

mercredi 24 septembre 2008

Le Sûtra du lotus, chapitre XVI Durée de la vie (Longévité de l'Ainsi-Venu).


Ce chapitre, toujours récité en ancien japonais, constitue la 2ème et derniere partie de la pratique biquotidienne du Bouddhisme de Nichiren Daïshonin.



A cette époque, le Bouddha s'adressa aux bodhisattva et à la foule toute entière : "Hommes de foi sincère, croyez les vraies paroles du Bouddha et appliquez les." A nouveau le Bouddha s'adressa au peuple : "Croyez les vraies paroles du Bouddha et appliquez les." Une fois de plus, le Bouddha s'adressa à la foule : "Croyez les vraies paroles du Bouddha et appliquez les." Conduits par Maitreya (Miroku en japonais), les bodhisattva et la foule joignirent leurs mains et dirent au Bouddha : "O Bhagavat, notre seul désir est que vous nous instruisiez. Nous croirons certainement les paroles du Bouddha." Ils parlèrent ainsi trois fois, répétant les mots : "Notre seul désir est que vous nous instruisiez. Nous croirons certainement les paroles du Bouddha."
Quand Bhagavat vit que les bodhisattva répétaient leur demande trois fois et plus, sans arrêt, il s'adressa à eux : "Ecoutez bien et entendez le secret du Tathagata et son mystèrieux pouvoir."
Tous les dieux, hommes et asura de ce monde croient que , après avoir quitter le palais des Shakya, le bouddha Shakyamuni s'assit à l'endroit de la révélation, non loin de la ville de Gaya, et atteignit là l'Eveil suprême. Pourtant, hommes de foi sincère, le temps est sans limite ni borne - cent, mille, dix mille cent mille myriades d'éons (se sont écoulés) depuis que j'ai réellement atteint la boddhéité.
Supposez que quelqu'un réduise cinq, cents, mille, dix mille, cent mille, nayuta (10 puissance 12), asogi (10 puissance 51) systèmes de mondes majeurs en particules de poussière, puis qu'il les emporte vers l'est, lâchant une particule chaque fois qu'il franchit cinq cents, mille, dix mille, cent mile, nayuta, asogi mondes. Supposez qu'il continue ainsi sa route vers l'est jusqu'à ce qu'il ait épuisé toutes lesparticules. Hommes de foi sincère, quelle est votre opinion? Le total de tous ces mondes peut-ilêtre imaginé ou calculé?
Le bodhisattva Maitreya et lesautres dirent au Bouddha : "Bhagavat, ces mondes sont infinis et sanslimite. Ils dépassent le povoir de l'imagination. Même si tous les hommes des états d'étude et leséveillés pae eux mêmes réfléchissaient avec leur sagesse libre d'illusion, aucun ne pourrait en saisir le nombre. Bien que nous soyons parvenus à un stade où nous ne régresserons jamais, nous sommes totalement incapables de comprendre cela. Bhagavat, ces mondes sont infinis et sans limite." Alors, leBouddha s'adressa aux grands bodhisattva : "Maintenant, homme de foisincère, je leproclameclairement devant vous:supposez que tous ces mondes - qu'ils aient reçu une particuleou non - soient une fois de plusréduits en poussière. Considérez qu'une particule représente un éon. Alors le temps écoulé depuis que j'ai atteint la boddhéité surpase ceci de cent, mille, dix mille, cent mille, nayuta, asogi éons." Et toujours depuis j'ai été en ce monde pour enseigner laLoi. J'ai aussi guidé et protégé leshommes de cent, mille, dix mille, cent mille nayuta, asogi autres monde.
Hommes de foi sincère,pendant ce tempsje donnais mon enseignement sur lebouddha Dipamahara (Nento en japonais) et d'autres, expliquant que je ferais cesser lessouffrances et mourrais. Tout cela, je l'ai fait en utilisant diverses méthodes d'enseignement adaptées aux capacités des hommes.
Hommes de foi sincère, quand le peuple venait à moi, je percevais avec les yeux du Bouddha le degré de sa foi et de ses autres capacités. Alors, selon que son esprit état ouvert ou non, je faisais mon apparitiondans de nombreux mondes, sous différents noms, et lui apprenais combien de tempsmon enseignement serait efficace. En d'autres occasions, quand j'apparaissaisje disais aux hommes que je devais bientôt entrer dans lenirvana,et j'ai exposé de bien des façons lesenseignements merveilleux et ai fait en sorte de réjouir leur coeur.
Hommes de foi sincère, le Tathagata, remarquant que ces hommes, peu vertueux et souillésparleurs fautes, suivaient des loisinférieures, leur enseigna : "J'ai renoncé aumonde dans majeunesse et j'ai atteint l'Eveil." Cependant, depuisque j'ai atteint la boddhéité,ils'est écouléen vérité un temps excessivement long ; je l'ai déjàrévélé. C'était seulement un moyen dont j'ai usé pour onner mon enseignement aux hommes et faire qu'ils s'engagent ur lechemin de la boddhéité.
Hommes defoi sincère, tous les Sûtra que le Tathagata a exposés nesont destinés qu'àsauver leshommesde leurs souffrance. Ou j'ai parlé de moi, ou j'ai parlé des autres, ou je me suis présenté, ou j'ai présenté les autres, ou j'ai montré mes actes, ou j'ai montré ceux des autres. Toutes mesdoctrines sont vraies et aucune n'est erronée.
La raison en est que leBouddha perçoit le véritable aspect du monde aux trois apparences exactement tel qu'il est. Il n'y a ni flux ni refluxde la naissance et de lamort,ni vie en ce monde ni anéantissement plus tard.Iln'est nisubstantiel ni vide,ni cohérent ni divers. Et ce n'est pas non plus ce qu'en aperçoient ceux qui vivent dans le monde aux trois aspects. Le Bouddha voit clairement toutes ces choses-là sans erreur. Puisque les hommes ont des natures, des désirs et des modes de comportement différents,ainsi que des idées et des jugements variés, je leur ai proposé différents enseignements, grâce à diverses histoires de relations de cause à effet, parboles et autres moyens, dans mon désir de planter les graines de l'Eveil dans leur coeur. J'ai poursuivi cette pratique bouddhique sans trêve.
Depuis que j'ai atteint la boddhéité, une période inimaginablement longue s'est écoulée. La longueur de ma vie est d'innombrables éons. Ma vie a toujours existé et ne finira jamais. Hommes de foi sincère, j'ai aussi jadis pratiqué les austérité de bodhisattva et la vie que j'ai acquise alors n'est pas encore épuisée. Ma vie durera encore deux fois plus d'éons. Bien que je ne meure jamais réellement, je prédis ma propre mort. Par ce moyen, le Bouddha enseigne aux hommes. Si le Bouddha reste trop longtemps dans ce monde, ces hommes de faible vertu ne pourront pas accumuler la bonne fortune nécessaire pour atteindre l'Eveil. Ils tomberont dans des vies pauvres et quelconques. S'ils suivent les cinq désirs, ils seront pris dans les rets de pensées erronées et des idées inférieures. En voyant le Bouddha constamment présent et immortel en ce monde, ils deviendront non seulement arrogants et égoïstes, mais ils négligeront leur pratique du bouddhisme. De plus, ils ne pourront pas comprendre combien il est difficile de rencontrer le Bouddha et risqueront de perdre leur respect pour lui. Donc le Bouddha enseigne un moyen : "Sachez, vous, les moines, qu'il est rare de vivre à une époque où le Bouddha apparaît dans le monde." La raison en est que même après un laps de temps infini de cent, mille, dix mille cent mille éons, certains hommes à la vertu faible peuvent avoir la chance de voir un bouddha, mais d'autres ne le peuvent pas encore. C'est pourquoi je vous déclare : "Moines, c'est un événement rare que quelqu'un puisse voir le Bouddha." Quand les hommes entendent ces mots, ils sont certains de comprendre combien il est rare de voir un bouddha, et ils en viennent alors à le rechercher et à souhaiter sa venue. De cette façon, ils plantent la cause de l'Eveil dans leur coeur. C'est pourquoi le Bouddha annonce sa propre mort bien qu'il ne s'éteigne pas réellement. Vous, hommes de foi sincère, n'importe quelle loi de n'importe quel bouddha est toujours ainsi. Puisque les bouddha révèlent les lois afin de sauver les hommes, toutes sont vraies et non erronées.
Imaginez un sage et habile médecin qui peut fabriquer des médicaments pour soigner n'importe quelle maladie. Il a de nombreux fils, peut-être dix, vingt, ou même cent. Il part dans une région éloignée pour voir unr quelconque affaire. Quelque temps plus tard, tous les enfants prennent du poison qui les met au supplice et ils tombent à terre en se tordant de douleur. A ce moment, le père revient chez lui et voit que tous ses enfants ont pris du poison. Certains ont perdu l'esprit et d'autres non. Voyant leur père de retour, ils sont remplis de joie et s'agenouillent pour l'implorer : "C'est une bonne chose que vous soyez rentré sain et sauf. Nous avons été stupides et, par erreur, nous avons bu du poison. Nous vous prions de nous soigner et de nous permettre de vivre plus longtemps." Le père, voyant ses enfants subir un tel supplice, se reporte à divers traitements. Puis, rassemblant de bonnes herbes médicinales aux couleurs ravissantes, et au parfum et à la saveur exquis, il les pile, les tamise et les mélange. Les donnant à ses enfants, il leur dit de le prendre : "Ce médicament hautement bénéfique est parfaitement doté de couleur, parfum et saveur exquis. Vous devez le prendre, et vous serez rapidement guéris de ce supplice et d'une foule d'autres afflictions." Ceux des nombreux enfants qui n'ont pas perdu l'esprit peuvent voir que la couleur et le parfum du médicaments sont bons, aussi le prennent-ils et sont-ils complètement guéris de leur maladie. Les autres qui ont perdu l'esprit sont tout aussi heureux de voir leur père de retour et lui demandent de les soigner, mais quand il leur donne le médicament, ils refusent de le prendre. Ils agissent ainsi parce que le poison a profondément pénétré dans leur vie, provoquant la perte de leur esprit ; donc ils pensent que ce remède bénéfique est inefficace malgré sa couleur et son parfum agréables. Alors le père réfléchit : "Mes pauvres enfants ! Le poison a pris possession d'eux et a corrompu leur coeur. Bien qu'ils soient heureux de me voir et me demandent de les guérir, ils refusent de prendre ce bon remède que je leur offre. Maintenant, je dois utiliser quelque moyen pour les amener à le prendre." Aussi, il leur dit ceci : "Enfants, écoutez ! Je suis maintenant âgé er faible. Ma vie touche à sa fin. Je laisse maintenant ici ce bon remède pour vous. Vous devez le prendre et ne pas penser qu'il est inefficace." Les conseillant ainsi, il repart pour une autre région, d'où il envoie un messager qui vient annoncer : "Votre père est mort." En entendant que leur père etait mort, les fils sont pris de graves remords et réfléchissent : "Si notre père était en vie, il aurait pitié de nous et nous protégerait, mais, maintenent, il nous a abandonnés et il est mort dans un lointain pays. Nois ne sommes plus que des orphelins sans personne sur qui compter." Dans leur chagrin infini, ils s'éveillent finalement. Ils comprennent que le remède a réellement une couleut, un parfum et une saveur excellents, et ils le prennent et sont guéris de leur empoisonnement. Le père, entendant que ses enfants sont guéris, revient chez lui et leur apparaît à tous. "Maintenent, hommes de foi sincère, que pensez-vous de cela ? Quelqu'un peut-il dire que cet excellent médecin est un menteur ?", "Non, grand sage." Alors le Bouddha parle : "Il en est de même pour moi. Le temps est sans limite - cent, mille, dix mille, cent mille, nayuta, asogi éons depuis que j'ai atteint la boddhéité. Pour les hommes, j'ai utilisé ces moyens, parlant de ma propre mort. Cependant, aucun ne peut raisonnablement m'accuser du pécher de mensonge."
A ce moment, le grand sage, désirant mettre l'accent sur cet enseignement, parla en vers.
Depuis que j'ai atteint la boddhéité,
D'innombrables éons se sont écoulés,
Cent, dixmille
Cent mille asogi éons.
J'ai continuellement enseigné la Loi
Pendant ces éons innombrables
Et permis à d'infinis millions d'hommes
De prendre le chemin de la boddhéité.
Je laisse le peuple être témoin de mon nirvana,
Comme moyen de le sauver.
Pourtant, je ne meurs pas réellement
Mais suis toujours ici, enseignant la Loi.
Je suis ici éternellement
Utilisant mes pouvoirs mystiques
Pour guider les hommes pervertis
Incapables de me voir bien que je sois proche.
Quand ils voient mon décés
Et rendent grand hommage à mes reliques,
Tous ressentent du regret
Et la vénération jaillit dans leur coeur.
Alors le peuple en est venu à croire.
Sincère et modeste,
Son seul désir est de voir le Bouddha
Et il ne donne pas sa vie à contrecoeur.
A ce moment, moi et mes disciples
Apparaissons ensemble sur le pic du Vautour.
Alors je dis aux hommes
Que je suis toujours ici, jamais mort,
Et ma naissance et ma mort ne sont que des moyens.
Si dans d'autres mondes il y a
Ceux qui révèrent, cherchent et croient,
Parmi eux j'enseignerai aussi
La plus élevée de toutes les lois.
Mais vous refusez de prêter attention à mes paroles,
Et pensez seulement que je meurs,
Je vois les hommes submergés d'une mer de douleur,
Pourtant je ne me montre pas encore
Mais les amène à désirer me voir.
Quand leurs coeurs commencent à soupirer
J'apparais aussitôt pour enseigner la Loi.
Mon pouvoir mystique est celui-ci.
Depuis d'innombrables éons
j'ai toujours été au pic du Vautour
Et dans diverses autres régions.
Même quand l'humanité verra le monde
Consummé dans les flammes
Durant l'éon du déclin,
Ceci, mon pays, demeurera en paix.
Les divinités et les hommes sont toujours assemblés ici.
Les jardins et les palais sont décorés de pierres précieuses,
Des arbres rares sont couvert de fleurs et de fruits.
En ce monde, les hommes vivent dans le bonheur.
Toutes les divinités frappent sur les tambours célestes
Une symphonie harmonieuse, sans fin.
Les fleurs blanches de mandara pleuvent
Sur le Bouddha et sur les hommes.
Mon pays pur est indestructible
Mais les hommes le voient néanmoins
Rempli de tristesse, de crainte et de souffrances,
Lieu de troubles innombrables.
Tous ces hommes qui ont commis des fautes
Sont enchainés par leur mauvais karma
Et n'ont pas entendu les noms
Des trois trésors
Depuis des myriades d'éons.
Tous ceux qui accumilent de grands bienfaits,
Les hommes qui sont humbles et honnêtes
Peuvent tous me voir tel que je suis,
Résidant en ce monde et enseignant la Loi.
Parfois j'enseigne à ces hommes
Que la vie du Bouddha est eternelle.
Et à ceux qui ne voient le Bouddha qu'après une longue période
J'enseigne qu'il est difficile de rencontrer le Bouddha.
Tel est le pouvoir de ma sagesse.
Elle éclaire infiniment loin et
Ma vie dure depuis des éons innombrables.
J'ai obtenu ceci après une longue pratique.
Vous, hommes sages !
Délivrez-vous de tous vos doutes à ce sujet.
Extirpez-les une fois pour toutes.
Les paroles du Bouddha sont vraies, non fausses.
Il est comme l'excellent médecin,
Utilisant certains moyens pour guérir ses enfanrs abusés.
Il vit mais leur dit qu'il est mort.
Personne ne peut qualifier d'erronés ses enseignements.
De plus, je suis le père de ce monde
Qui sauve la totalité de ses hommes souffrants et affligés.
Pour les hommes ligotés et abusés
Je parle de mon nirvana
Bien que je continue en réalité à vivre.
Car s'ils pouvaient toujours me voir ici,
Ils commenceraient à devenir arrogants.
Indulgents envers eux-mêmes et tournés vers les cinq désirs de base,
Ils tomberaient dans les voies du mal.
Je connais toujours les hommes,
Qu'ils pratiquent la voie ou non.
D'après cela, j'expose les diverses lois
Les plus appropriées à leur salut.
Je réfléchis toujours
A la manière de conduire les hommes au chemin suprême
De sorte qu'ils puissent atteindre la boddhéité
Sans délai.

Voila ! Je m'excuse pour le retard de publication. Le texte était long, on m'a volé mon ordinateur et je suis partie quelques jours à Glasgow.
Je publierai donc moins souvent qu'auparavant tant que je n'aurai pas un nouvel ordinateur.
Je vous remercie de votre compréhension, à bientôt et bonne lecture.

mardi 23 septembre 2008

Le Sûtra du Lotus, chapitre II "Les Moyens (ou Expédients salvifiques).




Je n'ai pas la source de la traduction que je publie, mais son sens ne diffère pas de celles en vente publique.
Ce chapitre est récité, en ancien japonais, biquotidiennement par les pratiquants du Bouddhisme de Nichiren Daïshonin.


"A ce moment, le Bienheureux sortit sereinement de sa méditation (samadhi) et s'adressa à Shariputra (Sharihotsu en japonais) : La sagesse de tous les bouddhas est infiniment profonde et incommensurable. Le seuil de cette sagesse est difficile à comprendre et difficile à passer. Ni les hommes de l'état d'étude (shomon) ni ceux qui sont devenus des sages par eux-mêmes (engaku) ne sont capables d'y parvenir.
En voici la raison. Un bouddha a pratiqué un nombre incalculable d'austérités sous la direction de nombreuses centaines de milliers de myriades de kotis de bouddha. Il se consara si courageusement et infatigablement à cette pratique que son nom est universellement connu. Il comprend pleinement la Loi profonde et incomparable et enseigne en fonction des capacités de ceux qui l'écoutent, mais son dessein est très difficile à comprendre.
Shariputra, depuis que j'ai atteint la boddhéité, à l'aide de nombreuses histoires de relations passées et de bien des paraboles, j'ai largement exposé mes enseignements et, par d'innombrables moyens, j'ai amené les hommes à renoncer à leurs attachements.
La raison en est que le Tathagata (Nyoraï en japonais) possède à la fois les moyens et la sagesse parfaite.
Shariputra, la sagesse du tathagata est universelle et profonde. Sa bonté est infinie et son enseignement est illimité. Doué de pouvoirs, de courage, de concentration, et de méditation, libéré (du karma et des désirs), il demeure dans l'infini et éveille à la Loi qui n'a jamais été révélée auparavant.
Shariputra, le Tathagata a le pouvoir de faire un choix judicieux entre les divers enseignements (d'après son auditoire), de les prêcher d'une manière pleine d'habileté et de réjouir le coeur des hommes par ses mots chaleureux et bienveillants. En d'autres termes, Shariputra, le Bouddha a réalisé la Loi infinie, sans limite et incomparable.
Shariputra, je n'en dirai pas plus car ce que le Bouddha a accompli est la Loi la plus rare et la plus difficile à comprendre.
L'entité réelle de tous les phénomènes ne peut être comprise et partagée que par les bouddha. Ses aspects sont l'apparence, la nature, l'entité, le pouvoir, l'influence, la cause inhérente, la cause externe, l'effet latent, la rétribution, et leur cohérence du commencement jusqu'à la fin.

lundi 22 septembre 2008

La Tour aux Trésors

Nichiren écrivit cette lettre en 1272. Elle est adressée à l'un de ses disciples, Abutsu-bô, qu'il connut lors de son exil à l'île de Sado. (Vol I p29, G.Z. p 1304).
Dans le Bouddhisme de Nichiren Daïshonin, la Tour aux Trésors (ou "pagode de matières précieuces") qui apparaît au chapitre XI du Sûtra du Lotus est concrétisée par le Gohonzon (voir au début du blog).



"J'ai lu votre lettre avec grande attention. J'ai bien reçu aussi le kan de pièces de monnaie, le riz blanc et toutes vos autres offrandes à la Tours aux Trésors. J'ai respectueusement et fidèlement informé le Gohonzon et le Sûtra du Lotus de tout cela. Soyez-en assuré.
Vous posez, dans votre lettre, la question : "Que représente la Tour aux Trésors, sortant de la terre, dans lequel est assis le bouddha Tahô (Maint-Trésors) ?". L'apparition de ce stûpa orné de joyaux, (décrite dans le 11ème chapitre du Sûtra du Lotus) est de grande importance. Dans le huitième volume du Hokke Mongu, le Grand Maître T'ien-t'ai expliqua l'apparition de la Tour aux Trésors. Il établit qu'elle avait deux fonctions distinctes : confirmer les chapitres précédents et préparer la révélation qui suit. Ainsi la Tour aux Trésors apparut afin d'authentifier l'enseignement théorique et d'annoncer l'enseignement essentiel. Autrement dit, la Tour fermée symbolise l'enseignement théorique et la Tour ouverte, l'enseignement essentiel. Cela représente les deux principes d'objectivité (kyô) et de subjectivité (chi) ou de réalité et de sagesse. Cependant, tout ceci étant assez complexe, je n'entrerai pas ici dans les détails. En bref, on peut dire que les trois groupes de disciples de Shakyamuni n'atteignirent l'Eveil qu'en entendant le Sûtra du Lotus et en percevant la Tour aux Trésors dans leur propre coeur. Les disciples de Nichiren font maintenant de même. A l'époque des derniers jours de la Loi, il n'existe pas d'autre Tour aux Trésors que ces hommes et femmes qui gardent le Sûtra du Lotus. Il s'ensuit donc que ceux qui récitent Nam Myôhô Rengué Kyô, quelque soit leur position dans la société, sont en eux-mêmes le bouddha Tahô. Il n'existe pas d'autre Tour aux Trésors que Myôhô Rengué Kyô. Le Daimoku (grand titre) du Sûtra du Lotus est la Tour aux Trésors, c'est à dire que la Tour aux Trésors est Nam Myôhô Rengué Kyô.
Actuellement, le corps entier d'Abutsu Shonin est composé des cinq éléments universels, terre, eau, feu, air et ku (latence). Ces cinq éléments sont aussi les cinq caractères de Daimoku (Myôhô Rengué Kyô). Abutsu-bô est la Tour aux Trésors et la Tour aux Trésors est Abutsu-bô. Inutile d'en savoir davantage. C'est la Tour aux Trésors décorée des sept sortes de joyaux : écouter l'enseignement juste, avoir foi en lui, garder les préceptes, concentrer son esprit, pratiquer assidûment, se dévouer sans égoïsme, et chercher constamment à s'améliorer. Vous pensez sans doute avoir fait des offrandes à la Tour aux Trésors du bouddha Tahô, mais il n'en est rien. C'est à vous même qu'elles sont destinées. Vous êtes, vous-même, un bouddha authentique, doté des trois attributs du Bouddha. C'est avec cette conviction que vous devriez réciter Nam Myôhô Rengué Kyo. Alors le lieu où vous résidez et où vous récitez Daimoku sera le lieu où se trouve la Tour aux Trésors. On lit dans le Sûtra du Lotus (chap XI) : "Où qu'il se trouve, celui qui enseigne le Sûtra du Lotus verra cette Tour aux Trésors s'élever et apparaître devant lui." Une foi comme la vôtre est si rarissime que je vais inscrire la Tour aux Trésors précisément à votre intention. Ne la transmettez jamais à personne, sinon à votre fils ; ne la montrez jamais à d'autres à moins que leur foi ne soit très solide. Tel est le but de ma venue en ce monde.
Abutsu-bô, vous méritez le titre de dirigeant de cette province du nord. Peut-être est-ce le bodhisattva Jyôgyô, né à nouveau en ce monde sous la forme d'Abutsu-bô, qui vient me rendre visite à moi Nichiren. Comme c'est merveilleux ! Il n'est pas en mon pouvoir de comprendre ce qui rend votre foi si pure, mais je confierai cela au bodhisattva Jôgyô lorsqu'il apparaîtra. Je ne dis pas cela sans bonnes raisons. Vous et votre femme devriez vénérer en privé cette Tour aux Trésors. Je vous donnerai par la suite de plus amples détails.

Avec mon profod respect,
Nichiren."

La photo qui illustre cette lettre est la Pagode à cinq étages qui se trouve au Taisekiji (Temple principal de la Nichiren Shoshu), au pied du mont Fuji.